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Points clés à retenir
- Les peaux saines se composteront en petite quantité, sans œil.
- Je coupe les gros morceaux et je les mélange à des matières sèches.
- Fanes et tubercules atteints de mildiou ne vont pas au compost domestique.
- En lombricomposteur, je limite les épluchures de pomme de terre.
- Un plant qui repousse s’arrache et le tas se brasse.
Peut-on mettre des épluchures de pomme de terre au compost ?
Oui, à condition qu’elles soient saines et ajoutées avec modération. L’épluchure de pomme de terre au compost n’a rien d’interdit, mais elle demande un minimum de précautions, car les sources consultées se contredisent : certaines l’interdisent, d’autres la tolèrent en petite quantité.
Ça peut paraître anodin, mais une peau de pomme de terre se comporte très différemment d’une peau de carotte. Elle est riche en eau, elle s’affaisse vite et elle peut porter un « œil », c’est-à-dire ce petit bourgeon d’où sort la future pousse.
Je distingue donc trois cas :
- la peau fine, sans bourgeon, qui se décompose sans difficulté ;
- le morceau épais, qui garde de la chair et un œil, donc capable de repartir ;
- la pomme de terre entière, germée ou malade, qui demande un traitement à part.
Ouvrir l’infographie en grandQuels risques faut-il surveiller ?
Il y en a trois, et il vaut mieux ne pas les confondre. Le premier est la germination : un morceau qui conserve un œil peut reprendre dans un compost froid et peu retourné. C’est gênant, mais sans gravité.
Le deuxième est sanitaire. Si les tubercules ou les fanes (les tiges et feuilles) portent une maladie, comme le mildiou, le compost peut la conserver et la rapporter au jardin. Ce risque-là n’a rien à voir avec une simple repousse.
Le troisième est mécanique. Beaucoup d’épluchures arrivant d’un coup forment une masse humide et compacte, qui manque d’air et qui pourrit au lieu de composter. Sur ce point, le remède tient dans le dosage.
Comment ajouter les épluchures sans déséquilibrer le compost ?
Mon réflexe est de trier d’un coup d’œil avant chaque apport. Sur mon propre tas, je procède ainsi :
- j’écarte les morceaux qui portent un œil ou une tache suspecte ;
- je coupe les gros morceaux et je garde les peaux fines ;
- je disperse les épluchures plutôt que de les déposer en tas ;
- je les mélange à la matière déjà présente ;
- je recouvre de matières sèches (feuilles mortes, carton brun, paille).
Le repère souvent donné pour un compost en silo est 1 part de matière brune pour 2 parts de matière verte. Il dépend du type de composteur, je le prends comme un point de départ et non comme une règle. Aucune source ne fixe de quantité universelle en grammes pour la pomme de terre : l’indication reste « petites quantités ».
Ensuite, je vérifie l’humidité et l’aération. Une aération par mois est un bon rythme. Un tas qui sent mauvais ou qui ruisselle est trop humide, et il lui faut plus de matière sèche.
Les épluchures se décomposent en 4 à 6 semaines dans un compost actif. Dans un bac froid, cette durée n’est pas garantie.
Que faire des pommes de terre germées ou malades ?
Les tubercules germés mais sains
Je retire les yeux ou je fractionne le tubercule en petits morceaux avant de le composter. Un fragment sans bourgeon ne repart pas, et le reste se décompose normalement.
Les fanes et tubercules suspects de mildiou
Le mildiou provoque des taches brunes sur les feuilles et une chair marbrée dans le tubercule. Dans ce cas, je n’envoie rien au compost domestique : je préfère jeter ces déchets avec les ordures ménagères ou les porter en déchetterie.
La raison est simple : la chaleur d’un compost de jardin n’est ni mesurée ni garantie. À titre de comparaison, la DRAAF Bretagne mentionne pour le compostage en ferme de déchets végétaux à risque 65 °C pendant au moins 4 semaines. Un tas domestique atteint rarement ce niveau de façon régulière, donc on ne peut pas présumer qu’il élimine les agents pathogènes.
Les précautions changent-elles selon le composteur ?
- Composteur de jardin : je surveille les repousses et je mélange les apports pour enfouir les peaux.
- Lombricomposteur : je limite fortement les épluchures de pomme de terre, car les vers s’accommodent mal d’une matière humide et compacte. Ce type de bac produit un compost en 3 à 5 mois, contre 6 à 18 mois pour un composteur classique selon la Communauté d’agglomération du Pays de Grasse (chiffres non spécifiques à la pomme de terre).
- Compost partagé : je suis les consignes du site et je répartis mes apports au lieu de vider un seau entier d’un coup.
Côté réglementation, le tri des biodéchets est généralisé depuis le 1er janvier 2024 selon l’ADEME. Cela ne rend pas le compostage individuel obligatoire : il existe aussi des collectes dédiées.
Que faire si des pommes de terre poussent déjà dans le compost ?
Ce n’est pas un drame. Dans mon expérience, ces plants spontanés sortent de morceaux oubliés, et ils se règlent en quelques gestes :
- arracher les jeunes plants dès qu’on les repère ;
- brasser le tas et chercher les morceaux encore porteurs d’yeux ;
- retirer ces morceaux ou les enfouir profondément sous de la matière sèche ;
- couper plus petit les prochains apports.
Si les plants paraissent malades, je les écarte du compost. Pour la suite, le meilleur moyen d’éviter la repousse reste de trier avant dépôt : c’est ce tri qui rend l’épluchure de pomme de terre au compost sans souci.



